lundi 21 août 2017

Saxifrage : fin de la publication et post-mortem

Ne lisez pas cet article si vous n'avez pas terminé Saxifrage.

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Ceci n'est pas l'article où vous trouverez une belle version finie et corrigée de Saxifrage ; il appartient encore au futur. Cela dit, alex en a produit un epub pour son usage personnel, qu'il m'a donné l'autorisation de partager ici. Je ne l'ai pas recorrigée : on ne trahit pas le fanwork.

Un clic sur ce logo dont je n'ai pas les droits et HOP !
À présent que la publication est terminée, je voulais m'amuser à vous raconter un peu l'histoire de Saxifrage - en tout cas, des versions les plus récentes de ce feuilleton.


Un contexte d'écriture

Début 2015, je vivais dans un studio au volume correct mais trop cher et mal situé. Après une longue période passée à voyager de canapés en canapés, je me sentais (enfin) seule et je voulais me remettre à écrire, écrire, écrire.

Pour me motiver, en mars 2015, j'ai décidé de lancer sur le net une V2 d'un petit feuilleton SF bizarre aux chapitres nerveux dont les premiers chapitres de la V1 avaient été rédigés sur un coup de tête en 2012 et tenus cachés dans un tiroir depuis. Son titre ? Saxifrage, une plaisanterie sur le fait que j'aimais bien les mots qui finissent par -age. (Confère Mirage).

J'ai tenu la moitié de l'histoire puis je suis arrivée à court d'idées et de motivation. J'ai remisé Saxifrage en me promettant de le finir en 2016. Comme vous le savez, ça n'a pas eu lieu puisque j'ai fini la V3 cette année, le premier jet en avril, une correction sommaire en juin.

Il me paraissait évident que le destin de cette version était de venir prendre la place de la V2 sur les deux blogs que j'avais ouverts en 2015 :
  • Saxifrage, destiné à recevoir l'histoire se passant dans le Mille-feuilles ;
  • Egarfixas (c'est saxifrage à l'envers), destiné à recevoir l'histoire se passant dans la Méta. 
"Egarfixas" a été également utilisé pour fournir une version "light" de Saxifrage, dans plusieurs sens du terme puisqu'elle est :
  • Sur fond clair
  • Purgée des changements de couleurs de la version sur fond noir
  • Incapable de reproduire le "choc visuel" que je voulais au moment où les personnages se rendent dans la Méta.
Tant pis : j'espère que Saxifrage a un intérêt au-delà de sa mise en forme.
 
Une unité de lieu très SF  

C'est une histoire dans laquelle l'humanité, après avoir cassé l'univers, a réussi à survivre dans des mondes parallèles.

Elle vit désormais dans un univers de poche qui ne fonctionne pas du tout pareil que le nôtre. Et si vous n'avez rien compris à son fonctionnement, ne vous en faites pas, je vais vous la refaire plus lentement.

Une plage, les machins qui sont désignés par des noms de couleur piqué sur la page Wikipédia "Liste de noms de couleur", c'est un "tableur géographique" de 676 colonnes et 676 lignes. Les lignes portent des noms allant de "aa" à "zz", idem pour les colonnes. Le nom de la ligne et le nom de la colonne forment des coordonnées à quatre lettres. Une coordonnée correspond à un morceau du sol, quelques kilomètres de sable en-dessous, le ciel noir au dessus.

La différence avec un tableur, c'est que la plage boucle sur elle-même ; si vous êtes en aaaa et que vous vous décalez d'un cran à gauche, vous serez en zzaa, et si vous reculez encore d'un cran en zyaa. Il pourrait être plus judicieux de parler de nord, ouest, sud et est, mais le principe qui fait fonctionner le boussoles n'existe pas. (Si un matheux vient m'expliquer qu'en topologie ça s'appelle un tore/un ruban de Möbius/autre, je lui en serai reconnaissant parce que j'ai oublié d'où je sors ce truc).

Il existe plusieurs plages de plusieurs couleurs - en fait, si au début il n'existait qu'une plage, blanche, on a trouvé le moyen de la séparer en plusieurs. Oui, exactement comme un rayon de lumière qui passe à travers un prisme. Je ne suis moi-même pas très sûre de la nomenclature utilisée par les habitants des plages pour donner les noms aux couleurs.

L'ensemble des plages de toutes les couleurs est appelé Mille-feuilles, parce que...

Bon OK, c'est seulement si on accepte qu'une plage est schématisée par un gros carré
Le Mille-feuilles n'est pas lui-même l'intégralité de cet univers de poche ; il possède un conteneur, appelé la Méta, à partir duquel il est possible d'influer sur son fonctionnement. L'ensemble de la Méta et du Mille-feuilles représente tout l'univers de poche.

Ses habitants sont, de ce que nous savons :
  • Des êtres humains ;
  • Des animaux créés par génie génétique ;
  • Une personne qui voyage dans le temps pour empêcher les paradoxes et s'appelle la Dame ;
  • Une plante qui voyage dans les plages pour manger des humains et s'appelle la Verte.
Ah oui, parce qu'aussi : les propriétés du Mille-feuilles font qu'il est possible d'y remonter dans le passé ou de se projeter dans le futur. Ces différentes "époques relatives" (à celle d'une personne) portent le nom d'angles, et la différence entre deux objets qui viennent de deux angles différents est clairement marquée sur les perceptions des habitants (exemple : c'est tout flou).

Une histoire de détective

Et dans ce contexte qui donne (un tout petit peu) le vertige (enfin moi les histoires de fin du monde et de voyage temporel ça me met rarement à l'aise, j'aime bien le monde et le respect de la causalité), j'ai inséré à coups de chaussures un détective privé énervé qui mène une enquête très simple.

Parce que finalement tous les éléments de l'enquête n'ont l'air difficiles à saisir que parce que c'est un contexte étranger. Et les rebondissements doivent beaucoup plus à la chance qu'à l'intellect de mon enquêteur, ce qui est toujours dommage au cours d'une enquête.

Certaines questions n'ont pas de réponse. Pourquoi le méchant de l'histoire a-t-il laissé le héros évanoui dans une plage random au lieu de lui envoyer directement son monstroplante à la tête ? Je ne suis pas très sûre pour celle-là, l'hubris sans doute. Que s'est-il passé entre Valer et Bhdra pour que leurs relations soient aussi violentes ? Bhdra et Valer le suggèrent chacun de leur côté : ils ne pouvaient simplement pas se pifer, et Valer a une façon très musclée de ne pas pifer les gens. Valer dit que Kib a du culot de se réclamer d'un genre neutre alors que son genre assigné est évident, mais quel est ce genre assigné ? Je ne sais pas.

De la mise en page qui pique les noeinoeils

Raymond Chandler, dans sa correspondance avec un ami, s'est plaint de la qualité d'une nouvelle de SF qu'il a feuilletée dans un fanzine. Il en a rédigé une sorte de petite parodie en un gros paragraphe incompréhensible, bourré de concepts lancés au hasard et d'échecs de concordance des temps. Aucune phrase ne semble avoir de lien avec la précédente, ni avec la suivante. Il conclue : "Il paraît qu'on arrive à vendre des conneries pareilles."

(Ce qui est un peu fort de café pour quelqu'un qui a consacré sa vie à écrire dans un autre mauvais genre, confiné longtemps aux éditions toutes pourries et aux pulps, mais n'agressons pas un homme sur sa correspondance privée, publiée après sa mort).

Vous aurez compris que l'une de mes intentions était de mimer ce style bizarre et d'en sortir quelque chose d'étrange mais intéressant. Il est possible que le fait que le texte parte d'un délire de Raymond Chandler ait influencé le choix d'un héros chargé d'une enquête. Il est possible que j'aie même utilisé la loi de Chandler dans le chapitre 24.

Finalement, mon exercice de style consistait à émuler une très vieille forme de "mauvaise écriture". Je me suis dit, pourquoi ne pas combiner la blague avec une forme plus moderne de "mauvaise écriture" ? Des alternances de majuscules et de minuscules, des changements de couleurs intempestifs, des messages écrits en ASCII... Sur les blogs, j'ai ri un peu avec les codes d'écriture d'un Skyblog.

Un avenir après le blog ?

Je ne vois pas Saxifrage en édition traditionnelle : c'est un texte immature que j'ai écrit pour jouer. Mais pourquoi pas auto-éditer une version papier un peu rigolote, à condition de lui ajouter deux textes que j'ai en projet, pour justifier le prix du papier. Un premier serait une préquelle courte où Valer tape des gens pour la beauté du sport et l'honneur des enquêteurs ; le deuxième une petite conclusion à l'arc de la méduse, dont l'histoire ne commence vraiment qu'au moment où Saxifrage finit.

On n'en est pas encore là et je vais me concentrer sur d'autres projets avant.

Si vous lisez ceci, j'espère que vous avez trouvé un intérêt à Saxifrage ! N'oubliez pas de créer si vous avez envie de créer, de critiquer si vous avez envie de critiquer, de complimenter si vous avez envie de complimenter, et de ne rien faire si vous avez la flemme.

À une prochaine occasion !

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