mercredi 29 janvier 2020

Citoyenne des Temps Futurs, chapitres 7, 8, 9 et 10

Non sans cette appréhension qui vient avec le fait de confier le point final au public, j'apporte devant vous la troisième et dernière partie de Citoyenne des Temps Futurs. Première partie ici ; deuxième partie là.
"On est sûr que je ne peux rien faire pour la rébellion ? Je suis motivée."
Bénédicte Marie a été expulsée de la Société et propulsée dans HUMAN, un nuage de micromachines créé à partir de gens et de leurs possessions qui vogue à travers l'espace du système solaire. Elle y a fait la rencontre de Robert Human, à l'idée duquel toute la Société tremblait. Mais pourquoi donc ? Il a l'air parfaitement aimable. Bénédicte aurait-elle là l'occasion d'en apprendre plus sur le futur ?

Voici le lien de téléchargement en PDF.
Voici un ePub qui fonctionne peut-être.


CI-DESSOUS FIGURE UN TRIGGER WARNING QUE VOUS SOUHAITEZ PEUT-ÊTRE LIRE, NOTAMMENT SI VOUS ÊTES UNE FEMME, PAR EXEMPLE, TOUT À FAIT AU HASARD.
Ce qui va se dire ensuite est du blabla et de l'explication de texte, que vous êtes libres de lire avant, après, ou pas du tout.

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Alors, ce trigger warning. Version courte :

TW : VIOL.

Et là vous allez me dire : "@now@n, pourquoi un TW pareil ? Qu'est-ce qui t'a pris ? Dans une histoire si bon enfant ? Bordel de merde, ce n'est pas l'objet d'une blague au moins, dis ?"

Du coup, voici la version longue, pleine de spoilers :

Robert Human est le CEO d'une entreprise qui transforme des gens en nuage de micromachines. Ce nuage comporte des utilisateurs simples et des administrateurs, qui sont capables de contrôler le nuage différemment, et par différemment je veux dire : plus.

Robert Human est le seul administrateur existant et a toujours été prévu pour être un antagoniste très manichéen du roman parce que je ne crois pas personnellement que l'humanité devrait être assujettie à un seul individu. Il y a quelques mois, il m'a sauté à la gueule que Robert Human a tant de pouvoir qu'il devait, soit être un violeur qui utilise ses pouvoirs d'administrateur pour violer en toute impunité, soit avoir une sacrée bonne raison dans son histoire personnelle pour ne pas être un violeur.

J'ai choisi sciemment la première option. Pas pour l'érotisme : le viol est une affaire de violence et de domination, certainement pas de sexe. Comme Robert Human est un humain qui aime se vanter, dans le texte, il annonce ses intentions de violer, puis il tente de violer Bénédicte. Spoiler dans le spoiler : il n'y parviendra pas, mais la situation ne sera pas un tapis de roses pour notre héroïne.

Si vous ne souhaitez plus lire la suite à la lumière de ces révélations, je vous comprends et je vous remercie de m'avoir suivie jusqu'ici.

En prenant le problème à l'envers, au cas où votre empathie se situerait ailleurs : est-ce que le cas de Robert Human, qui reste un être humain bien qu'il ait tenté de transcender cet état, a été traité de la manière la plus juste et éthique possible par l'ensemble des humains du nuage HUMAN dans le chapitre 9 ?

La réponse est non, et je vais laisser parler le texte.

Bon, ça c'était l'avertissement, mais que se passe-t-il d'autre dans ces quatre chapitres ?

À travers les deux histoires d'amour de Bénédicte, je voulais explorer la question : c'est quoi, la différence entre une relation qui a ses problèmes et une relation abusive ? Ma proposition, c'est que dans une relation qui a ses problèmes, les gens ont conscience de ces problèmes, les considèrent comme des problèmes et essaient de les résoudre avec bonne foi. Et c'est ce qui fait que ça continue à valoir le coup de regarder ce qui se passe ensuite plutôt que de tout arrêter maintenant.

J'espère que ça marche, parce que, sinon, vous allez ressortir du bouquin avec l'impression que Bénédicte est une sale hypocrite pour avoir rompu avec Mathilde mais pas avec Traïzie.

Niveau "mettons de la science toute cassée dans la SF", je parle des points de Lagrange avec une brièveté à la hauteur de leur importance dans l'intrigue. Peut-être que je clarifierai ça à la réécriture si les bêta-lecteurices m'informent qu'on n'y pige que dalle.

Niveau "mettons de la technique qui est en fait une métaphore dans la SF", je parle du genre d'impact que pourrait avoir un nuage de micromachines (puisqu'on a établi que ce n'était pas des nanomachines) avec le mode de gouvernance décrit dans le bouquin sur la vie humaine en général, et c'est basiquement le capitalisme poussé dans ses retranchements. Là où la métaphore pèche scientifiquement, c'est sur cette histoire de "on ne peut pas fabriquer des micromachines avec n'importe quel matériau de base" (notamment la partie "on ne peut pas transformer tout l'hydrogène de Jupiter en machines") : et les océans de la planète Terre ? Les parties molles du corps humain ? Pour ceux-là, il n'y a pas de problème, vraiment ? Le scénario a décrété que non, et c'est ainsi que je suis devenue autrice de SF molle au lieu de SF bien dure.

Cela dit, c'était déjà bien mou quand j'ai affirmé que Bénédicte avait atteint une vitesse suffisante pour voyager vers le futur sans justifier avec quel moyen de propulsion, pas vrai ? J'espère que l'histoire valait le coup de faire ces écarts à la science.

Cette histoire de micromachines comportant apparemment une couche de logiciels pose aussi des questions informatiques. Comment le nuage identifie-t-il les gens, puisqu'on établit dans le chapitre 9 que Bénédicte est identifiée comme faisant déjà partie du nuage parce que sa jambe s'y trouve même si le reste de sa personne n'y est pas assimilée ? Je ne sais pas et je n'ai pas le savoir technique pour le savoir.

Narrativement parlant, il reste quelques zones d'ombre sur comment la Société est apparue et comment son fonctionnement s'est cristallisé. On connaît le contexte de son existence, mais pas toutes les raisons ni toutes les modalités. J'espère que vous accepterez de jouer le jeu et d'imaginer vous-mêmes (ou pas) comment tout ça a pu se produire, parce que ces détails n'ont pas d'importance dans l'histoire personnelle de Bénédicte et ne seront probablement jamais abordés.

À propos de détails, dans l'article qui soutiendra la sortie de l'intégrale de Citoyenne des Temps Futurs j'aimerais bien faire ma J.K. Rowling et vous parler de choses qui étaient à l'arrière de ma tête pendant l'écriture mais qui ne sont jamais arrivées sur le papier, des premières versions et des scènes coupées en quelque sorte. J'espère que tout ça vous amusera.

Je vous en dirai aussi plus sur la version papier du roman, car....... je vais au moins l'imprimer en un exemplaire pour déconner, et réfléchir à la suite.

Je vous dis à la prochaine et je vous remercie d'avoir suivi les aventures de Bénédicte Marie, voyageuse temporelle qui a enfin réussi à accepter son passé. Puissent les Temps Futurs vous être agréables.

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